Le Manoir de Surville vu par ses hôtes

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Le Manoir de Surville vu par ses hôtes

Dans notre quête de vous faire découvrir les plus beaux endroits de France où passer une nuit, nous avons décidé de vous présenter un établissement à travers les yeux de ses propriétaires. Aujourd'hui, le Manoir de Surville vu par ses hôtes Camille et Hugues Oeyen !

Trouver l’endroit idéal où décompresser le temps d’un weekend lorsque l’on passe sa semaine, dans cette ville que l’on aime autant qu’on la déteste et qui se nomme Paris, n’a rien d’évident. Ainsi, lorsque nos recherches nous ont mené jusqu’au Manoir de Surville, situé en plein coeur de l’Eure entre Rouen et Louviers, nous avons décidé de nous y intéresser et rapidement d’y réserver. Un établissement de luxe aux valeurs écologiques et humaines, voilà la promesse ! Celle-ci fut plus que tenue grâce notamment à l’accueil, à la gentillesse et à la disponibilité du couple de propriétaires, Camille et Hugues Oeyen.

Si l’humain est au coeur de ce magnifique lieu, il semblait évident qu’Apollo Magazine en fasse de même et donne la parole à Hugues et Camille pour parler d’eux et de leur bébé, le 5ème en comptant leurs 4 jeunes filles. Découvrez le Manoir de Surville à travers les réponses de ceux qui le connaisse le mieux, ses hôtes !

Beside Sport - Le Manoir de Surville vu par ses hôtes - La piscine du Manoir de Surville -

La piscine du Manoir de Surville

Camille et Hugues, premièrement une petite présentation personnelle et professionnelle s’imposent !

Camille : Alors je suis juriste de formation, j’étais spécialisée en droit allemand des affaires. Clairement, tu peux voir que cela me sert tous les jours (rires). J’ai complètement changé de vie après avoir travaillé à l’ambassade de France à Berlin où je me suis rendue compte que le statut et la vie de fonctionnaire n’étaient pas du tout faits pour moi et qu’une vie plus entrepreneuriale serait sûrement plus adaptée. Je me suis alors retrouvée directrice commerciale d’un groupe hôtelier norvégien à Bruxelles et c’est là où j’ai rencontré Hugues.

On a travaillé ensemble à Bruxelles et rapidement mes parents nous ont proposé de reprendre le lieu et la ferme qui était attenante. Ayant 28 ans, nous n’étions pas forcément prêts et de mon côté, je suis partie faire de l’humanitaire aux Philippines pendant 4 mois. Finalement, nous nous sommes dits que c’était le moment et c’est ainsi que le projet « Manoir de Surville » est né en 2011 !

Hugues : Pour ma part, j’ai fait des études de gestion hôtelière et forcément, j’ai pas mal voyagé. Par rapport à mes études, je savais qu’une bonne maîtrise des langues était primordiale et donc j’ai vécu 1 an au Mexique, mais aussi en Irlande, en Ecosse, au Nigéria,… Après mes études, je suis parti au Luxembourg où j’ai ouvert 2 « EXKi » et je me suis rendu compte que ce n’était pas spécialement ce dont je rêvais. Je me suis alors redirigé vers l’hôtellerie et c’est là où j’ai atterri à Bruxelles dans un groupe où j’ai rencontré Camille. C’était la directrice commerciale et elle a pris son poulain sous son aile (rires).

Lorsqu’elle m’a parlé de reprendre un lieu vierge, on s’est dit que nous allions faire une petit chambre d’hôtes où nous allions faire des quiches,…mais on a vite déchanté lorsque l’on a vu l’ampleur des travaux. On a tout de suite abandonné l’idée chambre d’hôtes car en France, on parle de 5 chambres et du coup, notre plan financier ne tenait pas. Ainsi, nous sommes partis sur un 4 étoiles avec 11 chambres, un restaurant gastronomique, une piscine et un spa.

On a décidé d’aller voir ce qui se faisait ailleurs pour s’inspirer et voir le concept idoine et on est arrivé à la conclusion que l’on voulait faire un hôtel avec accueil chambre d’hôtes, à savoir une solution hybride.

C : On reprend les services de l’hôtellerie classique mais on casse les codes ! Il n’y a pas d’uniforme, il n’y a pas de réception,…si on veut se faire un gin tonic à 15h, pas de problème, vous êtes comme à la maison.

Beside Sport - Le Manoir de Surville vu par ses hôtes - Un jardin extrêmement bien entretenu -

Un jardin extrêmement bien entretenu

Camille, vous avez donc grandi dans cet endroit ?

C : J’y ai grandi entre 0 et 10 ans. Je dis toujours avec humour que j’ai mis 20 ans à revenir.

Et vous pensiez à en faire quelque chose plus jeune ?

C : Pas forcément ce concept. Mais petite, je disais : « Quand je serais grande, je serais agricultrice, je vais reprendre,… ». Je pense que j’ai un peu le virus des vieilles pierres.

Hugues, vous connaissiez la Normandie ?

H : Pas du tout ! Je n’étais jamais venu en Normandie avant de connaître Camille. Et d’ailleurs, la première fois que j’ai découvert Surville, j’ai vu le potentiel du lieu mais j’ai aussi saisi rapidement que nous étions dans un coin un peu « paumé.

C : C’est sûr qu’en 2011 lorsque l’on a débarqué ici et que l’on faisait visiter à nos amis, qui de Rouen roulaient pendant 20 minutes à travers des routes de campagne, ils étaient dubitatifs sur une éventuelle réussite du projet. On a mis 2 ans à convaincre les banques car le banquier du coin nous disait que personne ne viendrait à Surville. De plus, les banquiers nous rabâchaient et nous reprochaient que nous n’avions pas de concurrence et donc que le besoin était inexistant. Et enfin, nous n’avions même pas 30 ans donc il existait plus une forme de défiance, que de prime à la jeunesse !

Le Manoir de Surville vu par ses hôtes - Les chambres sont à la hauteur de la clientèle - Les chambres sont à la hauteur de la clientèle

7 ans après votre ouverture en 2015, avez-vous mené le projet où vous le souhaitiez ?

H : Le Covid a mis un gros frein à notre développement mais nous sommes très heureux de ce que l’on a accompli. On rêvait de rentrer dans certains guides comme « Mr et Mrs Smith » et on savait que lorsque l’on avait mis un pied dans l’équivalent anglo-saxon de notre « Relais & Châteaux », tout devenait plus facile en terme de remplissage. Après, il ne faut pas oublier « Tripadvisor » et les autres, car si on n’est pas bien référencé chez eux, c’est impossible d’émerger. On est très fier d’être depuis 4 ans, deuxième lieu le plus recherché sur la Normandie.

Quel est le type de clientèle qui s’arrête au Manoir de Surville ? 

H : Anglais, belges, américains, c’est le top 3 !

C : Pour les anglais, on est leur « pit stop » pour le sud de la France. Ils font 5h de route depuis Londres en prenant le ferry et ils sont un peu près à moitié chemin de leur destination finale.

H : Concernant les belges, ils peuvent venir passer un weekend en Normandie ou alors s’arrêter avant de partir en direction de l’île de Ré. Et les américains, ce sont de plus longs séjours, ils restent 5-6 jours et sont capables de faire 400 km par jour. Ils partent à 6h du matin et reviennent le soir.

C : Et plus que des particuliers, on a aussi beaucoup développé le corporate avec l’organisation de séminaires. Clairement, on savait que pendant la semaine et les périodes creuses, cela serait plus compliqué et donc le développement des séminaires était une priorité. Aujourd’hui, nous sommes très contents car on arrive à en avoir 2-3 par semaine.

Le Manoir de Surville vu par ses hôtes - Un intérieur décoré par Camille et Hugues - Un intérieur décoré par Camille et Hugues

Quelles sont les valeurs prônées par votre établissement ?

C : Un accueil chaleureux, un établissement familial et avec un fort engagement dans l’environnement durable. Sur ce dernier point, nous avons du mal à le mettre en avant car c’est intrinsèque à nous. Dès le lancement du Manoir de Surville, il était évident pour nous de développer tout l’aspect écologique. Le fait d’avoir vécu en Allemagne ou en Belgique, des pays précurseurs sur ces questions, a également dû jouer.

Par exemple, d’installer des chargeurs Tesla en 2015, c’était une évidence et on était dans les 100 premiers en France à avoir le produit. Pour vous dire, on négociait avec Tesla USA et pour nous, c’était normal. Mais localement, on nous regardait avec des gros yeux et on nous prenait un peu pour des « fous ».

H : On avait pensé le Manoir de Surville façon RSE mais il y a 11 ans ! Il faut absolument que l’on communique dessus car en fait, c’est tellement évident pour nous que l’on ne se rend pas compte que les autres ne le font pas.

Beside Sport - Le Manoir de Surville vu par ses hôtes - Coup de coeur pour un petit-déjeuner avec des produits locaux -

Coup de coeur pour un petit-déjeuner avec des produits locaux

A quelle concurrence faites-vous face ?

C : Il n’y a pas de concurrence dans la région en direct mais plutôt avec les hôtels situés à 1h de Paris. On parle d’une quinzaine d’établissements 4 étoiles avec un spa et une piscine donc ce n’est pas énorme. A côté de chez nous, il y a beaucoup de gîtes, des chambres d’hôtes mais peu voire pas d’hôtels.

Parfois, on nous met en concurrence avec des hôtels comme le Domaine de Primard, la Ferme Saint-Siméon…on a des clients, notamment américains, qui vont 4 jours chez nous et ensuite 4 jours chez Primard ou au Grand Hôtel à Cabourg. Ce sont de belles récompenses pour nous d’être associés à ces magnifiques établissements. On se dit que l’on joue dans la cour des grands !

Avez-vous des modèles de réussite dans l’hôtellerie ?

H : Lorsque l’on s’est lancé, on avait pour modèle, si je puis dire, la chaîne d’hôtels du Groupe Sibuet. Ils ont des établissements comme « Les Fermes de Marie » à Megève, « La Bastide de Marie » à Ménerbes ou encore « La Villa Marie à Saint-Tropez ».

Beside Sport - Le Manoir de Surville vu par ses hôtes - Un magnifique moment au Manoir de Surville -

Un magnifique moment au Manoir de Surville

Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

C : On avait l’ambition de faire plusieurs hôtels et de développer une chaîne. Néanmoins, le confinement est passé par là, nous avons 4 petites filles, qui ont entre 4 et 9 ans, et enfin l’on fait face à une pénurie de personnel dans l’univers de l’hôtellerie. Donc, sans vous mentir, on a eu des soirées où on se disait qu’on allait investir 10 millions d’euros pour faire un hôtel de 100 chambres sur le lac d’à-côté, le plan financier était presque ficelé mais clairement, on mettait en péril notre vie de famille et notre couple.

H : On a découvert que l’on était foncièrement entrepreneurs, que l’on voulait avoir des projets et ne pas tomber dans une forme de routine. Mais pour le moment, on serait plus sur un projet personnel autour d’un grand voyage avec nos filles.

Pour conclure, pouvez-vous nous confirmer que d’avoir son hôtel, aussi beau soit-il, ce n’est pas être tous les jours en vacances ? 

H : Ce n’est pas du tout des vacances !

C : C’est un cadre de travail très beau et nous avons une qualité de vie, je pense, exceptionnelle. On a énormément de chance d’être dans cet environnement, de côtoyer des clients qui sont en vacances donc apaisés et surtout d’avoir une clientèle sympa, discrète et très bien élevée.

Merci Camille et Hugues

C et H : Merci Paul.

Interview : Paul Dieÿ

Crédit photos : Lucie Brudy

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