Des jeux d’argent en France et forte pression fiscale alors que la réforme des casinos en ligne est de nouveau reportée

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Des jeux d’argent en France et forte pression fiscale alors que la réforme des casinos en ligne est de nouveau reportée

La fiscalité et la réglementation des casinos en ligne sont des thèmes récurrents dans le secteur de l’iGaming en France et ont fait la une des journaux en 2025.

Mais nous commencerons ce récapitulatif quelques mois plus tôt, en octobre 2024, lorsque le gouvernement du Premier ministre Michel Barnier a introduit par surprise un amendement visant à réglementer les casinos en ligne.

BET 365 et les nouveaux romantiques

SBC/Gaming&Co a également révélé que bet365 serait lancé en France l’année prochaine, sa licence devant être accordée à temps pour la Coupe du monde en Amérique du Nord.

L’actualité a montré que malgré une fiscalité élevée, des taux de redistribution faibles et une offre historique diversifiée, la France représente un marché majeur où les groupes internationaux souhaitent s’implanter.

D’autres rumeurs indiquent qu’une autre marque de premier plan, Betano étant souvent citée, pourrait suivre l’exemple de Bet365. Bien entendu, ces opérateurs disposent de ressources financières considérables, de marques à forte notoriété et pourront absorber des pertes initiales, un luxe dont ne bénéficient pas les acteurs plus modestes.

Un contact proche de Bet365 a également confié à notre journaliste que, malgré les obstacles potentiels à sa réussite, le groupe « estime avoir de solides atouts » en France. Par ailleurs, les plus gros jackpots en ligne ont un impact sur la politique fiscale et, par conséquent, sur la situation financière du pays.

Par ailleurs, le lancement de marques plus petites comme DAZN, Vibrez et Yes or No devrait également stimuler la croissance du secteur.

Un espoir…déçu pour les casinos en ligne

Cette nouvelle a surpris car elle était inattendue et, naturellement, a été bien accueillie par le secteur du jeu en ligne. L’optimisme fut cependant de courte durée et, suite à un lobbying intense et rapide de l’association professionnelle Casinos de France, le gouvernement accepta de créer des commissions chargées d’examiner l’impact de la réglementation des casinos en ligne sur la santé publique, la sécurité des joueurs et les 202 casinos terrestres du pays.

Ces évaluations devaient durer six mois, mais à peine six semaines plus tard, Michel Barnier fut contraint à la démission suite à une motion de censure. Avec son départ, s’évanouit tout espoir de voir les casinos en ligne réglementés en France.

François Bayrou succéda à Barnier au poste de Premier ministre (ce journaliste a d’abord confondu Bayrou avec François Baroin, impliqué dans la réglementation française des jeux en ligne en 2010, ce qui a provoqué une certaine confusion pendant quelques jours…).

Comme prévu, Bayrou n’ayant jamais caché son désintérêt pour le sujet, les commissions d’évaluation des casinos en ligne furent abandonnées. Malgré les tergiversations, tant que ce secteur ne sera pas réglementé, la question reviendra régulièrement sur le devant de la scène.

En novembre dernier, l’AFJEL, l’association professionnelle du jeu en ligne, a publié une étude actualisée sur le marché illégal des jeux en ligne, faisant grand bruit. Cette étude révélait que le nombre de consommateurs français visitant des sites illégaux avait augmenté de 35 % ces deux dernières années, atteignant 5,4 millions, et appelait à la réglementation des casinos en ligne en France.

Malgré tout le bruit médiatique et les campagnes de communication, les opérateurs non réglementés continuent de cibler les joueurs français et d’engranger des millions d’euros. Ce phénomène perdure depuis des années et a été exacerbé ces dernières années par les opérateurs de cryptomonnaies. À ce propos, le décès du streamer français Jean Pormanove sur la plateforme Kick a été particulièrement choquant.

Kick, propriété de Stake, est un important affilié aux sites de jeux d’argent en cryptomonnaies.

Mais au-delà de cela, le niveau de violence physique subi par Pormanove, entièrement diffusé et accessible gratuitement aux spectateurs qui enchérissaient pour que ses camarades lui infligent des souffrances physiques et des humiliations toujours plus dégradantes, illustre de façon alarmante le type de contenu susceptible d’être publié sur cette plateforme. Stake a répondu par les formules habituelles et en affirmant ne pas opérer en France.

Cependant, un casino en ligne qui regrette probablement d’avoir cessé ses activités en France est Cresus Casino. Comme l’a révélé notre journaliste, son PDG, Grégoire Auzoux, et l’un de ses collaborateurs ont été arrêtés par la police chypriote en septembre, suite à une opération d’Europol.

D’autres révélations du journal Le Parisien ont montré qu’Auzoux gagnait 70 000 € par mois et que l’entreprise avait généré un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et des bénéfices d’environ 350 millions d’euros depuis 2020. Ces arrestations, spectaculaires et riches en détails croustillants, n’ont pas empêché une multitude d’autres groupes de casinos en ligne de cibler ce marché extrêmement lucratif et non imposé.

Cela montre que le marché est actif, même s’il est très difficile

La fiscalité remodèle le marché. Les acteurs du secteur font souvent remarquer, non sans ironie, que la seule mesure fiscale susceptible de rapporter jusqu’à 1,5 milliard d’euros serait la réglementation des casinos en ligne.

Les opérateurs du monopole français

FDJ United et PMU, les opérateurs du monopole français de la loterie et des paris hippiques, ont également connu, chacun à leur manière, des années difficiles. Les hausses d’impôts ont clairement pesé sur les résultats de FDJ United, tandis que son acquisition de Kindred, maison mère d’Unibet, pour 2,5 milliards d’euros, fait l’objet d’un examen minutieux suite à d’importantes amendes réglementaires au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. PMU, de son côté, a enfin nommé un nouveau PDG, mais subit de fortes pressions pour se réformer.

Enfin, l’acquisition par Betclic d’une participation de 65 % dans Tipico, leader du marché allemand des paris sportifs, a été l’une des transactions marquantes de l’année. Suite à cette annonce, certains observateurs ont exprimé des doutes quant à la viabilité du marché allemand des paris et des jeux en ligne, fortement réglementé et dominé par des opérateurs illégaux.

Cependant, Betclic et Winamax, bien qu’à une échelle légèrement inférieure, ont démontré qu’en misant sur des produits performants et une expérience utilisateur optimale, les opérateurs peuvent se développer sur des marchés très réglementés comme la France, la Pologne ou le Portugal. On s’attend à ce que Betclic poursuive sur cette voie en Allemagne avec Tipico !

En résumé

Pour revenir à la question de la réglementation des casinos en ligne, nous conclurons ce tour d’horizon par les propos de Stéphane Courbit, président de Banijay Entertainment. En mai dernier, il déclarait aux investisseurs que la France et son gouvernement, fortement endettés, ne pouvaient se permettre de passer à côté des 1,5 à 2 milliards d’euros de recettes fiscales que la réglementation du secteur pourrait générer.

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