Slimane, la musique dans la peau

Interview

Slimane, la musique dans la peau

Si Slimane s’est vraiment fait connaître du grand public lorsqu’il est sorti vainqueur de The Voice en 2016, son histoire d’amour avec la musique avait commencé des années plus tôt. Du gospel aux pianos-bars, du rap aux comédies musicales, le chanteur de 31 ans n’a jamais renoncé à son rêve d’enfant. Aujourd’hui, après 2 magnifiques albums Versus avec Vitaa, il part à la conquête de 2021 le sourire en bandoulière et la voix vibrante. Pleins feux sur cet artiste solaire.

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Salut Slimane, tu écoutais quoi comme musique quand tu étais enfant ?

Ohlala, j’écoutais tellement de choses ! J’ai eu la chance d’avoir des parents qui écoutaient plein de styles de musiques différents, du raï, de la soul, de la funk, de la grande chanson française et même des titres super pop de l’époque. J’écoutais vraiment de tout, ça allait de Alliance Ethnik à IAM en passant par James Brown, Cheb Hasni, plein de choses.

Le jour où tu as décidé que tu voulais faire de la musique, te souviens-tu de la chanson que tu as interprétée à ta mère pour lui prouver que tu étais fait pour ça ?

En fait, il y avait un enfant qui passait à la télé et ma mère a trouvé qu’il chantait super bien et moi, j’étais vexé qu’elle le trouve incroyable et je lui ai dit « mais moi aussi maman je sais chanter ! » et je lui ai chanté « Pas toi » de Goldman, c’est une chanson que j’avais appris en colo.

Et tu as fait partie d’une chorale gospel ?

Oui, j’ai vu cette chorale se produire où il n’y avait que des adultes, je suis allé voir la cheffe de chorale et je lui ai dit « je veux être dans ta chorale » et c’est comme ça que ça a commencé, j’étais le plus jeune. Et pour raconter la vraie histoire, j’ai eu beaucoup de chance parce que Fabienne m’a offert des cours de chant pendant plusieurs années parce qu’elle savait que je n’avais pas les moyens de me les payer et qu’elle croyait beaucoup en moi. Encore aujourd’hui, j’ai une grosse dette envers elle.

« La musique pour moi c'était vraiment un moyen de m'exprimer plus que n'importe quelle autre chose. »

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Est-ce que tu peux nous parler de tes premiers concerts à 15 ans ?

J’ai commencé les concerts avec la chorale gospel mais aussi avec le groupe de rap de mon cousin. Mon tout premier concert c’était avec eux, je devais chanter un refrain et je me rappelle que je l’avais chanté complètement faux et j’étais dégouté à la fin de la scène.

A quel âge as-tu débuté la composition ?

Très rapidement, vers l’âge de 14-15 ans je crois, en fait j’ai vite compris que j’aimais beaucoup reprendre des chansons, d’ailleurs je le fais encore aujourd’hui, mais que la musique pour moi c’était vraiment un moyen de m’exprimer, plus que n’importe quelle autre chose. Donc j’ai commencé à écrire et je n’ai plus jamais arrêté.

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Tu avais l’habitude de chanter dans des pianos-bar à Paris ? Notamment à l’Orphée ?

L’Orphée, c’est l’endroit qui m’a tout appris, qui m’a appris déjà le travail parce que j’y travaillais de 20h jusqu’à parfois 6-7h du matin, qui m’a appris la musique aussi parce qu’il y a tellement de gens talentueux qui y passent, de les écouter tous les soirs, ça te donne envie d’atteindre un certain niveau. Et ça m’a appris l’humilité, d’être derrière mon vestiaire, je dois beaucoup à cet endroit. C’est l’un des lieux qui me manquent le plus au monde actuellement, c’est mon endroit fétiche, l’endroit où je me sens à l’aise, en sécurité, où je me sens « moi », et ça continue de m’apprendre parce qu’il y a toujours des nouveaux talents, une nouvelle énergie, ça me rappelle pourquoi je fais ça en fait. Je crois que c’est super important de ne pas oublier d’où on vient.

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Quelle a été la première rencontre décisive de ta carrière ?

C’est très dur de répondre à cette question je trouve parce que maintenant, avec un peu de recul, je me suis rendu compte que chaque rencontre a été décisive, je crois vraiment que tout compte. Quand on fait ce métier, on a besoin d’être rassuré. Après oui c’est clair qu’il y a des gens qui ont plus compté que d’autres. Au tout début, il y a eu Didier Barbelivien qui m’a donné ma chance en premier. C’est comme ça que j’ai rencontré Mickaël Miro, qui est aujourd’hui mon manager. Il y a eu Bruno Berberes, qui m’a fait faire The Voice. Dans les précédents télé-crochets que j’avais faits, j’avais l’impression de ne pas être vu pour ce que j’étais vraiment, un peu comme dans la série « Lupin » avec Omar Sy, on m’a souvent vu mais on ne me regardait pas, et un jour à The Voice, on m’a regardé. J’étais prêt mais je crois que le talent ne suffit pas, il y a tellement d’autres paramètres, il faut beaucoup beaucoup travailler pour être prêt.

« La vie c’est un spectre, il y a la lumière et il y a la nuit.  »

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Tu peux nous parler de ton premier EP : « Tourne le monde » en 2011 ?

J’en suis très fier de cet EP, je l’aime particulièrement parce qu’en fait c’est un pont, d’ailleurs il s’appelle « Paradoxe » et il me représente bien, ce n’est pas pour rien que j’ai une lune et un soleil tatoués sur mes deux mains, je peux être très dark et en même temps, très lumineux, très gentil et très méchant mais je crois que justement c’est ça la vie, c’est un spectre. Il y a la lumière et il y a la nuit et il faut se laisser le droit de temps en temps d’aller plus vers la lumière et parfois plus dans le noir.

En 2015, tu as été choisi par Didier Barbelivien pour chanter dans sa comédie musicale « Marie-Antoinette et le Chevalier de la Maison-Rouge », comment ça s’est fait ?

Je chantais dans un bar de nuit dans le Marais et il y a Eric Dussart, un journaliste qui bosse en radio, qui est là. Le lendemain, il rencontre Didier Barbelivien qui lui dit « il me manque une voix que je ne trouve pas, il me faut un mec avec une voix cassée mais qui y va quand même, qui monte dans les aigus et je ne trouve pas ». Et il lui parle de moi. A l’époque, j’ai 3 boulots, je travaille chez Zara, je garde des enfants et je chante le soir dans les bars. Quelques jours après, j’étais devant la crèche pour récupérer un enfant et là je reçois un appel de Didier Barbelivien, qui me propose de le rencontrer. Je n’ai jamais passé un casting comme celui-ci, je suis rentré dans la cabine, j’ai chanté une chanson d’Adèle « Sky Fall », je suis sorti de la cabine et il m’a dit « C’est bon, t’as le rôle ». Et à l’époque, ce n’était pas évident de me confier le rôle d’un soldat républicain en pleine révolution mais il l’a fait sans aucune hésitation. Ça fait très longtemps qu’on ne s’est pas vus parce que j’ai un planning compliqué mais c’est quelqu’un que j’ai dans mon cœur et qui y restera toute ma vie, parce qu’il a ouvert une porte que personne n’avait ouverte. La comédie musicale n’a pas vu le jour mais c’est sur ce fameux projet que je rencontre Mickaël Miro et c’est avec lui que je commence à faire mes premières vraies chansons, que je prépare un projet avec une image, des vraies idées, des convictions et qu’on fait la tournée des grands ducs à aller faire écouter ces chansons. Je faisais il y a 6 ans ce qui fonctionne aujourd’hui, une pop urbaine teintée de RnB et de variété française. Et à l’époque, je fais le tour des maisons de disques avec ces chansons-là, on me dit « on ne sait pas où te caser, on ne sait pas si tu es un rappeur, si tu es un chanteur, quelles radios tu vises ? » et tout le monde me dit non. Et la dernière fois qu’on m’a dit non, c’était chez Mercury – qui a d’ailleurs été par la suite mon premier label – je dis à Mickaël « j’en ai marre, si c’est le métier qui décide, il ne décidera jamais pour moi, donc il faut que les gens me rencontrent. On m’a proposé de faire The Voice et je crois que je vais le faire. »

Lors du casting de The Voice en 2016, tu as interprété « A fleur de toi » de Vitaa, c’est une cover que tu avais enregistrée en 2014 sur Youtube, pourquoi ce choix ?

Cette chanson, je la chantais dans les bars et je voyais qu’avec celle-là, il se passait quelque chose. Et donc j’en avais fait une vidéo que j’avais postée sur Youtube. Quand je la chante aux premières auditions pour The Voice, Bruno (Berberes) me dit « Bon y a la moitié de la salle qui est convaincue, l’autre moitié, y a un truc qui les dérange avec cette chanson », et je lui ai répondu « Soit ils me prennent avec cette chanson, soit tant pis ». Et c’est là que ça commence.

Les 4 coachs s’étaient retournés, qu’est-ce qui t’a fait opter pour Florent Pagny ?

Je vais être très franc, au tout départ, je me suis dit « si j’ai les 4, je prends Zazie » parce que je suis un fan inconditionnel et en fait, j’ai vu chez Florent, une vérité, et j’avais besoin de vérité à ce moment-là.

Après ta victoire à The Voice, tout est allé très vite, tu as lancé un premier single « Paname » en mai 2016 puis ton 1eralbum « A bout de rêves », quel est ton rêve en 2021 ?

J’ai eu la chance de réaliser plein de rêves de gamin, de gagner ma vie plutôt très bien mais j’ai compris qu’il y avait des choses que tu ne pouvais pas acheter et que c’était ça le plus important. Je suis quelqu’un de très torturé et j’aimerais, sur le long terme, trouver la paix.

« Céline Dion surtout j’aimerais lui écrire des chansons, ce serait mon plus grand rêve en tant qu’auteur-compositeur.  »

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Tu es adepte des duos, ton premier duo c’était avec qui ?

C’était avec Sofia, une voisine à moi qui chante magnifiquement bien, mieux que beaucoup de chanteuses connues mais qui ne veut pas être célèbre. Et à l’époque, on avait fait un petit buzz avec « Amour impossible ».

Tes 2 albums suivants sont en duo avec Vitaa, VersuS en 2019 et VersuS : Chapitre 2 en 2020, tu as déjà parlé 1000 fois de comment ça s’est passé, aujourd’hui vous reprenez chacun une carrière solo ? Tu penses que vous êtes arrivés au bout de l’aventure ?

2021, c’est le retour en studio pour nous deux, pour l’enregistrement de nos projets solo. Concernant le bout de l’aventure, ça dépend de quelle aventure tu parles. Notre aventure humaine, non parce qu’on a encore plein de choses à partager et à apprendre l’un de l’autre. Notre aventure artistique non plus, parce que je pense qu’on va bosser ensemble sur nos albums solo, on va même bosser ensemble pour d’autres gens parce qu’on aime foncièrement ça. L’aventure Versus, oui, je pense qu’il va falloir qu’on vive chacun de notre côté des choses pour peut-être un jour revenir ensemble mais en tout cas, ce ne sera pas tout de suite.

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En 2020, votre duo a remporté de nombreuses récompenses : Victoires de la musique pour « ça va ça vient », Chanson de l’année pour « Avant toi » et 3 NRJ Music Awards, dont celui du clip de l’année pour « Ca ira », où s’est déroulé le tournage ? Tu aurais une petite anecdote ?

C’était à Ténérife, il faut savoir que j’ai vraiment le vertige, je monte sur une échelle je ne me sens pas bien. Et là, ils m’ont fait aller sur un rocher au-dessus des vagues, il y avait beaucoup de vent, j’étais tout crispé, à un moment donné, j’ai failli pleurer, ça m’a fait vraiment peur.

Tu composes les mélodies et les paroles de tes chansons, tu as des co-compositeurs ?

Ma vraie team, avec qui j’ai fait tous mes albums et avec qui je prépare mon album solo, c’est Meya Music, c’est Yaacov et Meïr Salah, avec qui je bosse depuis qu’on a 15 ans, on a grandi ensemble et je suis content parce qu’aujourd’hui, ils font plein de choses pour plein de gens et qui marchent bien. Là, ils ont fait le dernier « Mais je t’aime » de Camille Lellouche et Grand Corps Malade. Et je bosse aussi beaucoup avec Renaud Rebillaud et John Mamann.

« Je trouve qu’on est une nouvelle génération où il se passe des choses. »

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Tu écris aussi beaucoup pour d’autres artistes, on peut considérer que tu es un « hit maker », de quel titre es-tu le plus fier ?

Il y en a deux où je me suis dit que je n’aurais peut-être pas dû les donner, il y a « Tombé » de Matt Pokora et il y a « Habibi » de Kendji Girac, mais comme ce sont des amis, ça va !

Dans le précédent numéro d’Apollo Magazine, nous avions eu la chance d’interviewer Amel Bent, j’ai lu que vous étiez de nouveau en studio en octobre 2020, tu vas collaborer sur son nouvel album ?

Oui, je lui ai fait une chanson sur son prochain album, et pour le coup, c’est vraiment l’une des chansons dont je suis le plus fier, je ne peux pas en dire plus vu que son album n’est pas encore sorti. Il n’y a pas beaucoup d’artistes dont je peux dire que je suis fan mais Amel j’ai été fan, je le suis encore. J’avais déjà écrit une chanson pour elle « Demain », mais cette nouvelle chanson nous a permis de nous retrouver et de nous connecter vraiment. J’espère que les gens vont l’aimer autant que nous !

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Avec quel artiste rêverais-tu de chanter ?

International, j’aime beaucoup Sting. Il y a Céline Dion, aussi. Céline Dion surtout j’aimerais lui écrire des chansons, ce serait mon plus grand rêve en tant qu’auteur-compositeur. Il y a plein de nouveaux artistes, il y a Tawsen, Camelia Jordana, Soolking… Je trouve qu’on est une nouvelle génération où il se passe des choses, t’aimes ou t’aimes pas mais il y a des vraies propositions, des gens qui connaissent la musique, qui savent vraiment chanter et ça fait du bien. Il y a de moins en moins d’imposteurs, on a tous un petit background, on sait d’où on vient et on a pris la place de personne.

Interview : Virginie Garcia
Photos : Thomas Laisné
Stylisme : Oumeih Benaïcha
Remerciements à l’hôtel Nolinski Paris pour son chaleureux accueil.

Marques :
DRIES VAN NOTEN : pull en coton et pantalon en jean
FENDI : veste macramé
GANT : pantalon de costume en laine et cachemire
GUCCI : manteau en tweed
IN GOLD WE TRUST : collier et bracelet en laiton plaqué or palladium et perles
LE GRAMME : collier entrelacs en argent
LOUIS-GABRIEL NOUCHI : top en coton
RON DORFF : débardeur en coton côtelé
SPRINGER & FERSEN : montre Rangiroa World Diver en acier et silicone
SUDISM : chemise en twill de soie
VALENTINO : chemise en coton
YOHJI YAMAMOTO : veste et pantalon en coton

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